La captation en play-back
La captation du chanteur et des musiciens est une des parties les plus délicates de la création des clips. À cause
de l'étroitesse du local et de l'éclairage du jour très variable, de nombreux problèmes doivent être résolus.
La check list
Pour éviter les erreurs comme l'oubli de la vérification du cadrage, un spot manquant, une erreur dans la tenue de
l'interprète, il faut tout contrôler avant de démarrer la prise de vue.
Pour cela, j'ai établi une "check-list" qui comprenait au départ une vingtaine de points et qui s'est allongée au
fur et à mesure des erreurs commises.
Cette liste comporte à ce jour 47 points à contrôler, et elle a tendance à s'allonger à chaque clip.
Évidemment, cette liste correspond étroitement à la spécificité du projet et des conditions de tournage, elle n'est
pas universelle et chacun devra établir la sienne.
Le fond vert
Un des problèmes rencontrés est l'étroitesse du local. La largeur disponible est de 1m30 seulement. Le champ de la caméra
en position portrait couvre exactement cet espace en la plaçant à l'extrémité de la pièce.
Le fond vert n'a donc pas besoin d'être immense, ici 3x2m va suffire, et son éclairage ne va pas demander de gros
moyens.
Pour faciliter sa mise en place et son rangement, il est fixé aux deux extrémités sur des tourillons de 2m de long et
de 20mm de diamètre. Une fois un côté suspendu à demeure sous le plafond à environ 50cm, il se manipule facilement en
l'enroulant ou en le déroulant autour du tourillon du bas.
L'éclairage
Le casse-tête numéro 1. J'ai fait le choix, plus économique a priori, de filmer à la lumière du jour.
Une fenêtre orientée au Nord donne en été une luminosité tout à fait satisfaisante. Seul point négatif, cette
luminosité n'est pas répartie uniformément sur le fond vert. Il faut donc compenser sur un côté avec 2 petits spots.
Jusque-là, tout va bien. Sauf qu'au fil du temps la luminosité a changé et que, petit à petit, il a fallu rajouter
des sources lumineuses pour mieux éclairer le fond vert, d'abord en haut puis sur les côtés et enfin sur le sol.
Même avec un grand soleil, au mois d'octobre les conditions sont radicalement différentes de celles du mois de juillet.
Si notre oeil le perçoit peu, la caméra elle est sans pitié.
Pour équilibrer l'éclairage du fond vert et celui de l'interprète, il a fallu rajouter une rampe LED au-dessus, deux spots
latéraux et deux pour le sol.
À cela s'ajoutent les deux ampoules LED avec réflecteurs, placées de part et d'autre de la caméra, qui ajoutent un
éclairage vers les visages pour éviter le contre-jour créé par l'éclairage du fond vert.
Toutes ces sources lumineuses ont une température proche de la lumière du jour, soit autour de 4000° Kelvin.
C'est un peu compliqué tout ça, et c'est surtout fait avec les moyens du bord. Pour l'instant, les résultats sont
acceptables.
Le champ de la caméra
Comme dit plus haut, le champ de la caméra placé au fond de la pièce couvre exactement en position portrait les
1m30 disponibles.
On pourrait zoomer pour les plans plus serrés, mais il est plus simple en l'occurrence de rapprocher la caméra,
ce qui se fait très simplement étant donné que les différents emplacements ont été marqués au sol par des morceaux
de ruban gaffer.
Le positionnement des personnages
Pas trop de problèmes là non plus puisqu'il n'y a qu'un seul endroit ou les personnages peuvent se placer. La seule
difficulté réside dans l'angle que doit faire l'interprète par rapport à la caméra. S'il fait face, pas de problème,
s'il doit être placé latéralement dans l'image, il faut estimer le bon angle. Ça se calcule, mais surtout, ça se
corrige en tâtonnant.
Si au lieu de regarder la caméra, le personnage doit regarder un autre personnage ou se tourner vers lui, c'est tout
aussi délicat. Là aussi, il faut d'abord calculer et tâtonner. Si on n'est pas sûr d'avoir le bon angle, le mieux est
de faire plusieurs prises différentes et de faire le tri au montage.
La synchronisation
Il ne reste plus qu'à être synchrone puisqu'il s'agit de play-back.
Le principe est assez simple. Studio One est ouvert sur un ordi et le morceau prêt à être joué. Une fois la caméra
lancée, le clic de souris qui lance l'écoute du morceau sert de clap. Comme il y a un battement de 20 secondes de
silence environ avant que le son ne démarre vraiment, cela laisse au personnage le temps de se mettre en place.
Voilà pour les musiciens. Pour le chanteur, il y a une manipulation supplémentaire, le démarrage du prompt.
En effet, difficile dans des conditions assez stressantes finalement où on doit faire attention à des dizaines de
pièges d'être sûr de se remémorer au bon moment des paroles du morceau qui fait l'objet du clip.
Un prompteur va permettre d'apporter plus de confort. Ici, c'est quasiment indispensable.
C'est mon Smartphone qui va jouer ce rôle. Comme il est dans un étui à rabat, il m'a suffi de scotcher un petit
support en carton juste sous la caméra et de glisser le rabat dedans.
Pour ce qui est de l'application, après en avoir essayé des quantités qui ne convenaient pas, je suis tombé sur la
perle rare qui fait exactement ce que j'attendais d'un prompteur.
Il s'agit de "Prompteur Android" dont le développement a été malheureusement arrêté par son auteur, mais qui reste
toujours disponible. Je vous le recommande, même si l'on peut trouver l'interface un peu dépassée, il fait
parfaitement ce qu'on attend de lui. C'est l'essentiel.
Article suivant :
Les captations des animations